19/04/2007

RE Dialogue en Direct

En réponse à la question posée par Jean-Pierre lors de mon "Chat" en direct du mardi 10 avril 2007:

Bonjour Jean-Pierre,

La question de l’énergie est, de mon point de vue, à aborder sous trois aspects. D’une part celui de l’environnement, d’autre part, celui d’un secteur stratégique (crise énergétique mondiale, géopolitique), enfin celui relevant du service public (l’énergie doit être accessible à tous, avec un traitement égal des citoyens).

Je commence par te répondre sur l’aspect service public. Tu le sais, notre candidate et le Parti Socialiste se sont prononcés pour la création d’un pôle public de l’énergie regroupant EDF et GDF, dont le capital serait détenu à 100% par l’Etat.
Le projet de privatisation de GDF porté par la droite est doublement scandaleux. D’abord, il offre au secteur privé (Suez en l’occurrence) une entreprise qui fonctionne bien, ensuite il mettrait en concurrence GDF avec EDF ! Pour moi, comme l’ensemble du Parti Socialiste, il n’y a donc aucune ambigüité : l’énergie est un bien public.

Sur l’aspect géopolitique, il faut absolument que nous sortions de la civilisation du tout pétrole. Aujourd’hui, la France est liée - voire dépendante - avec les pays producteurs. Ainsi, en développant d’autres énergies et leurs sources d’approvisionnement, nous pourrons aspirer à une certaine indépendance, encore faut-il que les entreprises récoltant et diffusant les énergies soient publiques, car privatisées, celles-ci ne sont pas à l’abri de participation de société étrangères dont les intérêts « courtermistes » pourraient aller à l’encontre de l’intérêt national.

J’en arrive au troisième point, essentiel, qu’est le développement durable. Nous nous sommes engagés à travers le Pacte Présidentiel à ce que la puissance publique conduise une stratégie de long terme, sur la base d’un plan d’investissements et de recherche-développement en matière d’économie d’énergie et de développement des énergies renouvelables, afin que ces dernières représentent 20% de la consommation française d’ici à 2020.
Pour cela, les transports et le logement sont des secteurs dans lesquels les progrès sont les plus nombreux à faire avec le développement des énergies douces pour les premiers (GPL et le nouveau GPV qui commence à équiper certains véhicules avec des exonérations fiscales incitatives) et l’isolation ou encore l’obligation du respect des normes HQE pour le second.

L’objectif est de réduire la part du nucléaire dans la production électrique, mais les techniques nouvelles de production (éolienne ou solaire) sont encore très loin de pouvoir se substituer au nucléaire. Je pense qu’il faut être pragmatique sur la question de l’EPR. Mais compte tenu du passage en force du gouvernement, au mépris de toute discussion avec les acteurs locaux (institutionnels, associatifs, citoyens), il faut organiser un nouveau débat, en transparence et en associant tout le monde. Encore, une fois, la question de l’énergie est trop importante (comme celle de l’Europe) pour laisser de côté un débat citoyen. A quoi sert l’EPR ? Pourquoi Flamanville ?... sont autant de questions qui n’ont pas été abordées, tout comme celle de l’avenir de la consommation énergétique en France. Répondons d’abord à ces questions vitales, pour l’environnement et les intérêts de la France.

Sur la carte scolaire, notre objectif est bien évidemment de favoriser la mixité sociale. Contrairement à ce que disent certains, l’idée de Ségolène Royal est de la conforter et de réaffirmer cet objectif de mixité.
Sur l’apprentissage à 14 ans, j’y suis tout à fait opposer. C’est un moyen détourné de s’attaquer à l’école obligatoire jusqu’à 16 ans. Remettre en cause cet acquis est purement scandaleux.

Enfin, pour les services publics en milieu rural, tu sais qu’en tant que maire d’une commune de moins de 500 habitants, je connais bien cette problématique.
Nous avons des propositions intéressantes à ce sujet. D’une part, je souhaite renforcer les services publics existants (Poste, EDF, Trésor public etc…) et d’autre part, nous proposons de créer de nouveaux services publics : de la caution (pour assurer les impayés et éviter les expulsions), de la petite enfance (avec une scolarisation obligatoire dès 3 ans), de la santé de proximité (avec au total 500 dispensaires créés sur tout le territoire).
Le service public est pour moi, l’outil qui permet de faire vivre (et donc respecter) notre République. Au département, nous avons déjà installé dans les territoires des Maisons du Département, pour être au plus proche des préoccupations des élus, associations et citoyens. Nous avons également lancé le dispositif « Minibus 76 », transport à la demande dans les zones rurales de Seine-Maritime. Il existe donc des solutions, tout est question de volonté politique.

J’espère avoir pu répondre à tes questions, et reste bien entendu disponible pour échanger avec toi.

Amitiés

10/04/2007

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